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Le Pays Briard



Chaumes en Brie : Coup de théâtre à la maison de retraite


"Il n'a jamais été question de fermer l'établissement »,  assurait, en août 2005, Pascaline Potet, directrice de la maison de retraite de Chaumes-en-Brie (Le Pays Briard du 26 août 2005).  « La maison de retraite sera sauvée », proclamait en janvier 2008 le député Guy Geoffroy (Le Pays Briard du 15 janvier 2008). Mais aujourd'hui, près de 10 ans après le lancement du projet de modernisation et d'extension de cet établissement, installé dans un ancien hospice fondé en 1732, le couperet est finalement tombé : la maison de retraite de Chaumes va définitivement fermer ses portes. 
En soi, l'annonce de cette fermeture n'est pas une surprise. Le projet d'extension ne progressant pas, il a été décidé de transférer les résidents de la maison de retraite de Chaumes vers celle de Rozay, et ce dans 5 ans. Sauf qu'il y a quelques jours, et contre toute attente, le conseil général et l'Agence régionale de santé (1) (les deux financeurs de l'établissement) décident finalement de fermer l'établissement le plus tôt possible. La date du 31 juillet 2011 est même lancée.
Lors de la cérémonie des voeux de Chaumes, en 2007, Jean-Paul Garcia, conseiller général du canton de Tournan, affirmait, déjà, que le Département estimait que ce projet n'était  pas viable. Ce que confirme aujourd'hui Gérard Bernheim, vice-président du conseil général chargé des affaires sociales. « Il y a un seuil de rentabilité de 60 lits en dessous duquel il est difficile d'amortir l'établissement, explique-t-il. La maison de retraite de Chaumes est largement en dessous de ce seuil (NDLR, elle accueille 30 lits). De plus, nous avons engagé, au niveau du département, des travaux d'humanisation dans les maisons de retraite (chambre simple...).A Chaumes, c'est compliqué...»
Aujourd'hui, le sort de cette maison de retraite semble donc définitivement scellé, alors même que la ville de Chaumes avait décidé de racheter le bâtiment afin d'offrir à l'établissement un peu de marge financière avant sa fusion avec la maison de retraite de Rozay-en-Brie (lire texte ci-dessous).
« ça remet en cause toutes les projections que l'on avait faites, regrette Pascaline Potet. On devait attendre que le bâtiment de Rozay soit construit pour fermer Chaumes. » « Ce rapprochement fait long feu, rétorque Gérard Bernheim. On ne peut pas laisser, durant 5 ans, vivre des gens dans des conditions qui ne sont pas très bonnes. » « Evidemment, les locaux vétustes, reconnaît la directrice par intérim de l'établissement calmétien. Mais je ne suis pas sûre qu'il y ait urgence car des travaux de sécurité ont été faits. » Pas de fermeture avant un relogement. Du côté de la vingtaine de personnes qui travaillent à la maison de retraite, la nouvelle de cette fermeture anticipée provoque évidemment une forte inquétude.
Même si, officiellement, personne ne les a informées de la fermeture de l'établissement en juillet.  « Quatre personnes habitent à Chaumes et trois d'entre elles n'ont pas de voitures », souligne Pascaline Potet. C'est le cas de Patricia Loeillet.  « Je n'ai pas le permis », confie cette aide-soignante qui travaille ici depuis 8 ans. « On a l'impression d'avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête », ajoute-t-elle. « On est passé de déception en déception, remarque de son côté Isabelle Lachal, secrétaire depuis 6 ans à Chaumes, calmétienne également. Mais faut garder de l'espoir. » Pascaline Potet souhaite en effet tout faire pour faire reculer cette échéance. « Dès que j'ai une planification et un calendrier des travaux pour Rozay, on pourra négocier, espère-t-elle. Le but pour moi est que tout le personnel aille à Rozay. »  Sauf que pour Gérard Berheim, l'extension de la maison de retraite de Rozay et la fermeture de celle de Chaumes « sont deux choses indépendantes ».
Cette fermeture anticipée pose aussi, bien sûr, un autre problème crucial :
que faire des 30 personnes âgées présentes à Chaumes ?  « On trouvera des solutions, assure Gérard Bernheim. On a déjà eu à faire à des cas similaires (Rebais, Saint-Jean-les-deux-Jumeaux...) On relogera les personnes une par une. Si on ferme, c'est que l'on a relogé les gens. » « Des coups de théâtre comme ça, depuis que j'assure l'intérim de cet établissement, on en a connu quelques-uns, conclut Pascaline Potet, connue pour sa détermination. Mais nous avons ici une vraie équipe. On se serre les coudes...» Mais il semble qu'aujourd'hui, cette solidarité ne soit plus suffisante.
 
Amélie Lécoyer
Le Pays briard -
Edition du 22 octobre 2010
 
(1) Malgré nos sollicitations réitérées, l'Agence régionale de santé n¹a pas répondu à nos appels.

Brève 1 :
Il y a un peu moins d'un an, la décision est prise de regrouper les maisons de retraite de Rozay et de Chaumes sur le seul site rozéen. Les deux établissements sont déjà sous le giron, depuis 7 ans, de la même directrice, Pascaline Potet. Parrallèlement, l'idée est émise de faire de l'établissement calmétien un accueil pour 10 à 12 personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Une idée qui sera finalement abandonnée.
L'objectif est donc aujourd'hui d'agrandir la maison de retraite de Rozay.
Mais en attendant, il faut que celle de Chaumes, puisse continuer à fonctionner malgré les difficultés financières auxquelles elle est confrontée. « Nous nous sommes dit : achetons la structure et louons là gratuitement pendant 5 ans. Ca donnera un peu d'air aux finances de la maison de retraite », explique Jean-Claude Simon, maire de Chaumes mais également président du Conseil d'administration de l'établissement. Or c'est ce même conseil d'administration qui est propriétaire des murs. Il y a une quinzaine de jours, autorisation a donc été donné au premier adjoint au maire de négocier... avec le président du conseil d'administration. La maison de retraite de Chaumes a été estimé, par France Domaine (qui représente l'Etat-propriétaire) à 450.000 euros. Le problème est que depuis, Jean-Claude Simon a appris que la maison de retraite pourrait fermer dès juillet 2011. « Il n'y aurait plus d'intérêt à racheter la maison de retraite, confie le premier magistrat. Et je ne suis pas sûr que la ville puisse sortir 450.000 euros d'un seul coup?... »

Brève2
Le projet d'extension initialement prévu pour la maison de retraite de Chaumes était un bâtiment d'une capacité d'accueil de 30 chambres seules (avec salle de bain), construit perpendiculairement au bâtiment existant.
Dans un second temps, l'ancien bâtiment devait être entièrement rénové et n'accueillir plus qu'une quinzaine de résidents (contre 30 actuellement).
Les travaux, dont le coût s'élevait alors à 4,5 millions d'euros, devait démarrer en mars 2004. Mais un an et demi après, rien n'a bougé. Deux explications à cela : une hausse importante du coût des travaux (de 1,5
million) et un problème de rentabilité. Pour être financièrement viable, la maison de retraite devrait accueillir au moins 60 personnes.  L'idée d'un accueil de jour est alors émise.
Mais finalement, les années passent et rien ne bouge. En novembre 2009, la décision est prise de transférer les résidents de Chaumes vers la maison de retraite de Rozay après l'extension de celle-ci.


Cérémonie des voeux


Plus de maison de retraite, pas d'Intermarché.
Le maire a fermement exprimé son mécontentement face à la décision de fermer la maison de retraite au 31 juillet 2011.
 
A Chaumes-en-Brie, l'année 2011 sera marquée par un événement de taille :
La fermeture de la maison de retraite le 31 juillet.
Une annonce qui a clos le petit film introduisant la cérémonie des voeux qui s'est déroulée au Foyer rural mercredi 12 janvier. Sur fond de photos de l'ancien hospice, la triste nouvelle pour la ville s'inscrit en grosses lettres noires:

« Unilatéralement, la décision de fermer sans délai l'établissement a été prise par l'Agence régionale de santé et le Conseil général, sans consulter le conseil d'administration de l'établissement, ni l'en informer officiellement. J'ai fait savoir ma façon de penser aux autorités concernées », a déclaré sans détour Jean-Claude Simon, maire de la ville.
Rappelons que l'échéance de fermeture, en fin d'année dernière, était fixée à 5 ans. C'est ainsi que la municipalité de Chaumes avait décidé, afin d'alléger financièrement l'établissement, de racheter le bâtiment (Le Pays Briard du 22 octobre 2010). « Faisant fi de ces décisions, l'injonction est arrivée en début d'année, sous forme d'un courrier péremptoire signé par l'Agence régionale de santé et le Conseil général, a tenu a préciser le premier magistrat, souhaitant ainsi montrer clairement sa désapprobation.
Pour enfoncer le clou, le Service départemental d'incendie et de secours, après avoir donné un avis favorable il y a 2 ans, a émis, en fin d'année, un avis défavorable au maintien de l'activité dans ces locaux ».
Le premier magistrat souligne que dès le 1er décembre, l'ARS avait ordonné le transfert des résidents vers les établissements voisins de Tournan, Mormant et Rozay.
Lors de son intervention, Jean-Paul Garcia est revenu sur ce dossier délicat. « J'ai fait mon travail de 2004 à 2008 en tant qu'administrateur de la maison de retraite, rappelle-t-il. Je suis allé chercher les subventions auprès de Mme Vautrin. Elles avaient étaient accordées, puis retirées.
Aujourd'hui, les prix ne sont plus les mêmes. Et puis il y a un souci de rentabilité. Je le  regrette. Mais il faut que les 30 lits de Chaumes restent sur le secteur ».

Des places de parking en centre-ville

Autre important sujet de mécontentement pour Jean-Claude Simon, le rejet du projet d'implantation d'un Intermarché. Un avis favorable avait été donné à celui-ci mais suite au recours intenté par les commerçants et la municipalité de Verneuil, le projet n'a pu voir le jour. « Dommage pour Chaumes. Perte des recettes du foncier bâti, non création d'empli, Chaumes a encore loupé le coche », évoquant le refus de la municipalité de l'époque de voir s'installer, à la fin des années 60, le  premier Intermarché de Seine-et-Marne, qui s'est finalement implanté dans la ville voisine de Fontenay. « Depuis le commerce local calmétien n'a fait que péricliter, pas celui de Fontenay! Cherchez l'erreur ».

Jean-Claude Simon a également évoqué les projets en souffrance mais qui avance néanmoins : l'aire de jeux pour enfants qui devaient être aménager près du terrain près du terrain multisports et la résidence pour seniors.
Concernant le premier dossier, « nous avons étudié les aménagements possibles mais les règles de sécurité imposées sont si contraignantes que le coût de la réalisation devient prohibitif, a précisé l'édile. Des solutions alternatives sont recherchées ». Pour ce qui est du second, « notre projet a été contrarié par les contraintes réglementaires et notamment les autorisations nécessaires ».
En revanche, « le projet avance sur l'aménagement du centre-ville avec la création de ce que nous attendons tous avec impatience : des places de parking », s'est félicité le maire.

Et pour conclure sur une note positive : la nouvelle école maternelle ouvrira ses portes à la rentrée prochaine.


Amélie Lécoyer
Le Pays briard -
Edition du 22 janvier 2011


La ville se prépare à un afflux de population.
Nouvelle école, construction de logements, recherche de médecins... Le maire veut être prêt à accueillir de nouveaux habitants.


La commune de Chaumes a connu de nombreuses déceptions en 2011 : fermeture annoncée de la maison de retraite, rejet du projet d'implantation de l'Intermarché, mauvaises surprises dans la préparation du projet d'aire de jeux...

Pourtant, le maire, Jean-Claude Simon, ne baisse pas les bras et les autres projets suivent leur cours.

Principal objet de satisfaction : la nouvelle école maternelle qui est sortie de terre et qui pourra accueillir les petits Calmétiens à la rentrée prochaine. Ce projet à 4,5 millions d'euros (financés pour un tiers par le conseil général, le conseil régional et la CAF) offrira  2.500 m2 de bâtiment permettant d'accueillir une centaine d'enfants en centre de loisirs, une cantine de 190 places et 8 classes, contre 6 prévues au départ.
« Nous avons fait ce choix en décembre pour anticiper l'évolution des effectifs, explique le maire. S'ils sont pour l'instant en baisse, Chaumes connaît une évolution en dents de scie car les logements disponibles sur la commune permettent d'accueillir de jeunes ménages avec un enfant, mais quand la famille s'agrandit, ils quittent la commune car ils n'ont que de grandes maisons trop chères à disposition. »
Par conséquent, la construction de deux classes supplémentaires a été entreprise en début d'année, à la place du logement de fonction prévu. Un budget supplémentaire et des travaux qui empêcheront l'ouverture du centre de loisirs cet été, mais la commune s'y retrouvera lorsque les effectifs repartiront à la hausse.

5.000 habitants attendus en 2030
Car pour le maire, l'arrivée massive de population ne fait aucun doute. « Avec le projet de gare du Val Bréon à Marles, la gare de Verneuil de l'autre côté et la possible électrification de la ligne Paris-Provins, la transformation de la nationale 36 en "4e périphérique" de Paris, il faut dès à présent mettre en place des structures pour se préparer à l'afflux de population », avance-t-il. Le Plan local d'urbanisme (PLU) prévoit que Chaumes comptera environ 5.000 habitants en 2030, contre 3.000 aujourd'hui.
« Avec 2.000 hectares. à Chaumes, nous avons une réserve foncière importante, précise Jean-Claude Simon. Le PLU prévoit de préserver les zones agricoles mais il y a beaucoup de dents creuses en centre-ville qui doivent permettre de "reconstruire la ville sur la ville". »
D'importants projets immobiliers sont déjà en cours de réalisation, qui ajouteront 160 logements à la commune, dont 47 en immeuble.
Davantage de population implique aussi davantage de besoins en médecins, et c'est là que le bât blesse.

« Nous sommes à la recherche d'un troisième médecin généraliste car les deux que nous avons, sont overbookés mais il n'y a pas de candidat, regrette le maire. Nous sommes inscrits sur la liste du conseil général, qui octroie des bourses aux étudiants en médecine en échange d'une installation sur le territoire et nous cherchons aussi par nous-mêmes mais, pour l'instant, ça ne donne rien ».
En revanche, d'autres professions médicales sont candidates à l'installation à Chaumes, notamment deux infirmières et un pédiatre.
« Nous envisageons d'étendre le centre médical pour accueillir d'autres professions" annonce Jean-Claude Simon.Mais cette fois, nous demanderons l'aide du conseil général. »

Ne manque plus qu'un supermarché pour parfaire le tableau.
« La balle est dans le camp d'Intermarché, précise le maire. Ils ont acheté le terrain cher, je ne pense pas qu'ils vont laisser tomber. »
Le projet a été rejeté par la commission nationale d'aménagement commercial (CNAC) en septembre dernier notamment en raison de l'opposition des commerçants et de la municipalité de Verneuil-l'Etang. Affaire à suivre.

Floriane Gardier
Le Pays briard
 - Edition du 22 mars 2011


Assainissement


Bientôt un bassin d'orage
Les études sont terminées, les financements sont trouvés, le chantier du bassin d'orage devrait donc être lancé dans moins d'un mois au champ de foire.
« Il servira de tampon entre l'assainissement collectif et la station d'épuration », explique le maire. Un bassin d'orage est en effet destiné à accueillir les quantités d'eau excédentaires qui arrivent dans les stations d'épuration lors de fortes pluies, de les diluer et ainsi de les traiter plus facilement par la suite.
D'une capacité de 300 m3, le bassin devra être réalisé avant l'hiver « pour ne pas abîmer le terrain avec les engins de chantier ».

Floriane Gardier
Le Pays briard
 - Edition du 22 mars 2011


Une compétition qui a du chien !


 Le club d’agility canin de Chaumes-en-Brie avait la charge d’organiser, dimanche 5 juin sur le champ de foire, un Grand Prix Agility, qualificatif pour le championnat de France de cette discipline sportive.
Basé sur le même principe qu’une épreuve de jumping, il s'appuie sur un équipage composé d’un chien et d’un maître-chien, remplaçant le cavalier de l’épreuve hippique. Le maître-chien, qui est très souvent le propriétaire de son compagnon à quatre pattes, doit avoir une condition physique irréprochable car il doit courir tout au long du parcours d’obstacles, effectué en un minimum de temps et de fautes par son chien.
« Nous avons 77 chiens en compétition dont 5 animaux de notre association, précisait Marc Bisconte, président du club canin de Chaumes et, à ce titre, responsable de l’organisation. Le public est venu nombreux ce qui est très motivant pour les participants de cette discipline méconnue du grand public. Nous avons bénéficié, il est vrai, d’un temps magnifique et comme le cadre champêtre est agréable, ce fut une journée très réussie. »

Bouger avec son chien

L’agility compte une centaine de clubs en France, dont 22 dans le Bassin parisien, et près de 2.000 licenciés. Au-delà de l’aspect compétition, cette discipline permet de consolider, par le jeu, les bases d’élevage acquises en obéissance et donne le loisir aux sportifs de bouger avec leurs chiens.
Véronique Rundestadler effectuait, elle, son premier concours officiel avec son shetland, Paprika. « Les dimensions des parcours de compétitions officielles n’ont rien à voir avec celui de mon club, reconnaît-elle. C’est intimidant pour le chien et surtout pour moi, mais je suis heureuse de cette première expérience. Et puis, quelle superbe organisation ! » Un mot de la fin qui ne peut que satisfaire le club d'agility calmétien et la mairie de Chaumes, pierre angulaire de cet événement.

Floriane Gardier
Le Pays briard
 - Edition du 17 juin 2011


Une octogénaire sauvée de la noyade par deux cantonniers


"J'ai vu la mort de près"

Mercredi 22 juin, Michelle Deviercy est tombée dans la rivière avec sa voiture. Sans le secours d'un pêcheur et de deux cantonniers, elle se serait noyée.

«J'ai vu la mort de près. » Michelle Deviercy, 80 ans, a vécu une expérience pour le moins éprouvante. Tombée dans l'Yerres en voiture, elle est restée dans l'eau pendant plus d'une heure avant que des employés municipaux viennent à son secours. Reconnaissante, elle les a reçus chez elle mardi. Retour sur un accident qui a failli tourner au drame.
Mercredi 22 juin, vers 9h20, la fringante octogénaire sort de sa propriété, située chemin du Pré-Martin (le long de l'Yerres), en marche arrière, comme elle le fait depuis 43 ans. Il pleut des cordes ce jour-là. Lorsqu'elle recule sur l'étroite route, elle mord vraisemblablement sur le bord boueux et glisse inexorablement vers la rivière. « Je n'arrive pas à comprendre ce que j'ai mal fait, c'est ça qui m'empêche de dormir », peste Michelle Deviercy.
Et la voilà coincée dans sa C3 qui flotte sur la rivière et s'enfonce petit à petit. Elle essaie d'appeler le 18, sans succès faute de réseau*. « L'eau rentrait par les enceintes de la radio, se souvient la Calmétienne. Je ne voyais personne passer et je me suis dit : personne ne viendra, mon heure est arrivée. J'ai 80 ans, j'ai eu une bonne vie... » L'octogénaire en vient même à faire le bilan de sa vie et à craindre de causer du souci à ses proches pour ses obsèques !
Heureusement pour elle, un pêcheur finit par l'apercevoir. Il sonne alors à toutes les portes de la rue, sans obtenir la moindre réponse. Il court jusqu'au bout de la rue et aperçoit deux cantonniers dans leur camionnette. « Il est arrivé à fond sur nous alors qu'on descendait pour vérifier qu'il n'y avait pas de problèmes à cause de la pluie, raconte David Hyvonnet, l'un des employés. On a appelé les pompiers et je suis allé taper à la porte de la dame car j'ai reconnu la voiture. C'est là que le pêcheur nous a dit qu'elle était à l'intérieur. » Ni une ni deux, les deux trentenaires se débarrassent de leurs portables et de leurs blousons et se jettent dans l'eau glacée pour rejoindre le véhicule. « J'ai tiré sur la poignée de la portière, qui s'est cassée, puis on a réussi à l'ouvrir par en haut », explique David Hyvonnet. A ce moment-là, Michelle Deviercy avait perdu connaissance et ne respirait que grâce à 10 centimètres d'air au-dessus d'elle. « J'avais les yeux et la bouche dans l'eau, se souvient l'octogénaire. Il ne me restait plus grand-chose à vivre. Quand ils m'ont sortie, j'ai ouvert les yeux et je me suis dit : c'est un miracle. »

"Elle était très calme"

Les deux hommes parviennent à ramener la malheureuse au bord de la rivière, mais sans réussir à remonter sur la pente boueuse. « On a attendu les pompiers, on commençait à trouver le temps long mais elle était très calme », soulignent David Hyvonnet et Franck Basiletti. La Calmétienne n'aura même aucun mal à donner le numéro de téléphone de son neveu, de mémoire. Les sapeurs-pompiers l'ont ensuite prise en charge. « J'étais en hypothermie, à 33 degrés, mais je ne voulais pas qu'ils m'emmènent à l'hôpital, reconnaît la forte tête. Mais ils ont eu raison. Je suis seulement restée quelques heures à l'hôpital. »
Une histoire qui finit donc bien. Michelle Deviercy tenait à remercier ses sauveurs et à mettre en avant leur courage. « Ce sont des jeunes bien. Les gens sont toujours à dire du mal des jeunes », regrette-t-elle. Elle est également très reconnaissante envers le pêcheur qui a donné l'alerte, dont elle ne connaît malheureusement pas l'identité.
Aujourd'hui privée de voiture, la Calmétienne est tout à fait prête à reprendre le volant dès que possible. Quant à ses héros, ils seront mis à l'honneur par la mairie ce vendredi matin lors d'une cérémonie.

Floriane Gardier

* Pour appeler les secours d'un portable, il est conseillé de composer le 112.


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