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Eglise Saint Pierre

  

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Certaines informations présentées dans cette rubrique le sont avec l'autorisation de l'Association communale "7 à 77".
Les données sont issues du CD "Chaumes en Brie"

Il est possible de se procurer ce CD

 Vues de l'église





Eglise avec clocher démoli par la foudre

L'église avec son nouveau clocher


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Agée de plus de 7 siècles, l'église paroissiale Saint Pierre est la seule que l'on puisse encore voir aujourd'hui. Le portail édifié en 1755 s'ouvre au haut d'un perron sous le porche du clocher carré qui renferme une cloche datée de 1712. Epargnée par les huguenots, oubliée par les révolutionnaires en 1789, cet édifice est sans conteste le monument le plus ancien de notre cité. En effet, la construction du clocher, du choeur et de l'abside ainsi que des deux chapelles (Saint Roch et chapelle de la Vierge), remonterait au 13ème siècle. Le XIIIéme siecle domine dans certains piliers portant des gorges à la base; on peut voir aussi q_uelques piliers carrés à tailloirs datant eux du XIIéme siècle. La voute de la grande nef du XIIIéme siècle et les bas-côtés ont été entièrement reconstruits au 17ème siècle; quant à la sacristie, elle date du milieu du 17ème sicècle. La première flèche, détruite en 1766 par un incendie, a été reconstruite 100 ans plus tard. Foudroyée en 1942, elle a été restaurée en clocher briard en 1966-1967. L'église a été classée "Monument historique" le 4 décembre 1942 , les boiseries sont elles aussi classées.





 Quelques vitraux remarquables de l'église





Vitrail représentant Saint Blaise

Vitrail représentant Saint Dome

Vitrail représentant Saint Pierre

Vitrail représentant Saint Symphorien

Vitrail représentant Saint Blandin

 Quelques chapiteaux






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Le souffleur


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Moine rongeant son frein

 "Le Christ en croix" de Philippe de Champaigne



" Le Christ en croix fut peint par Philippe de Champaigne pour l 'église abbatiale des Bénédictins de Chaumes en Brie.

" Au-dessus du grand autel était un tableau de 16 pieds, du au pinceau de Philippe de Champaigne :
c'est un Crucifix qui ravit tous ceux qui le voyent "

(Abbaye royale de Saint Pierre de Chaumes en Brie par Alfred Cramail - note de 1748).

Le pied comme on le sait, est l'ancienne mesure de 33 centimètres.
En multipliant par 16, cela fait exactement 5m28.
Et ce sont bien là, précisément, les grandioses dimensions du tableau actuel.
Seulement depuis longtemps il ne ravissait plus personne. On ne le voyait plus !
Une couche épaisse de poussière, de vernis desséché, de fumée que sais-je, le voilait aux regards.
Même les grandes lignes étaient effacées. Le temps en avait raison. Sa vue laissait même dans l'âme une impression pénible, on savait, on sentait qu'il y avait caché là, une oeuvre d'art, mais on n'en avait plus la jouissance.

A la révolution française, l'église fut dépouillée et les biens du Clergé confisqués. De ce fait, aux termes de la loi de 1791, l'abbaye devenait bien national, propriété de l'état. L'église fut alors vendu à bas prix, comme partout.
La Municipalité de l'époque intervint tout de suite. Elle demanda et obtint la conservation du " fameux tableau : Le Christ en croix de Philippe de Champaigne " qui fut alors transporté de l'église abbatiale dans l'église paroissiale.

Une curieuse tradition rapporte aussi que les russes, en 1814, auraient essayé d'emporté la fameuse toile. Ils auraient même réussi à transporter l'oeuvre d'art jusqu'à la " Grange des Saints Pères ".
Bien mal leur en prit ! 
Les calmétiens d'alors, furieux, armés de fourches et de faux, seraient partis en groupes, protestant avec énergie et réclamant leur Christ. Une bataille aurait eu lieu et finalement le tableau aurait été ramené triomphalement dans l 'église paroissiale.
Une fois encore il était sauvé !
Nous ne donnons pas le fait comme authentique, vu qu'il n'a pu être contrôlé. Mais après tout ?
D'autant qu'une pétition du Conseil municipal de Chaumes, datée du 22 mai 1814,et adressé au comte Barclay du Tolly, général en chef des armées russes à Paris, supplie celui-ci " de faire retirer au plus tôt " de Chaumes " le détachement de Grenadiers Russes du Régiment de Kiew, qui y réside depuis fort longtemps " et qui avec les autres troupes françaises et alliées s'est livré " au pillage et à la dévastation la plus effrénée. "

Pendant un certain temps le christ de Philippe de Champaigne servit de retable à l'autel de Saint-Roch, aujourd'hui Autel du Sacré-Coeur. Il était là, dans le faux-jour, mal placé par conséquent.
On l'accrocha ensuite aux murailles de la grande nef de l'église (l'époque de ce transfert n'est pas précisé).

En début d'année 1921, Monsieur le Curé de Chaumes attirait l'attention de la Municipalité sur l'état lamentable du tableau. Ce fut le point de départ de la restauration du chef-d'oeuvre.
Le 17 juin 1921, le tableau était descendu et transporté le jour même vers Paris.
Les travaux de restauration durèrent seize mois.

Le mercredi 11 octobre 1922, le Christ était de retour à Chaumes.


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Analysons ce tableau :
L'oeuvre est sévère !
Une inscription au dessus de la tête du Christ, marque en langue hébraïque, grecque et latine " Jésus de Nazareth, roi des Juifs "
La perspective est irréprochable et la beauté plastique remarquable.
On ne sait vraiment pas ce qu'il faut admirer le plus, de la sobriété du coloris, de la merveilleuse transparence des ombres, de la grande finesse des demi-tons ou de la plastique du corps si bien mis en valeur sous un ciel sombre et noir qui l'enveloppe presque entièrement.



Combien impressionnante est l'expression du visage, ce n'est pas la souffrance humaine. En vain vous y chercheriez le rictus des suppliciés ordinaires, vous ne la trouveriez pas.
Quand on regarde bien, en effet, il se dégage du visage de ce Christ une merveilleuse expression d'offrande intégrale. Ce n'est pas du tout le Christ mort comme celui de Velasquez. Il n'a pas encore reçu au coeur le coup de lance ; nous avons devant les yeux un Christ vivant, souffrant et priant.
Dans son génie Philippe de Champaigne voulait nous donner là un Christ rédempteur s'offrant lui-même.




Comment s'étonner après cela du mot heureux de la jolie expression de l'historien de l'Abbaye de Chaumes :
" C'est un Crucifix qui ravit tous ceux qui le voyent. "

Puisse-t-il en être ainsi pour tous les calmétiens, artistes amis d'art religieux et visiteurs qui ne manquent pas de venir voir et revoir avant d'en emporter le souvenir et l'image."

G Herbin
Curé de Chaumes (1922)

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