La maison de retraite de Chaumes en Brie pourrait fermer plus tôt que prévu. L’agence régionale de santé (ARS) et le Conseil général, ses autorités de tutelle, souhaitent que les résidants soient transférés d’ici à la fin juillet vers d’autres structures. Sur la sellette depuis plusieurs années, cet établissement pour personnes âgées dépendantes connait d’importantes difficultés financières. Selon l’ARS, il faudrait au moins une soixantaine de lits pour atteindre l’équilibre alors qu’elle n’en comporte que 35. « Le principal problème, ce n’est pas cela, précise Gérard Bernheim, vice-président PS du Conseil général en charge des solidarités et de la santé publique. Nous avons décidé de fermer avant tout parce que les personnes âgées ne sont pas accueillies dans de bonnes conditions » D’après le Département, les travaux de modernisation de cet ancien hospice sont « quasi impossibles. »
Résultat : « La maison de retraite est telle qu’elle a été construite au XVIIème siècle » déplore, avec un brin d’exagération, Jean Claude Simon, le maire sans étiquette de Chaumes. S’il reconnait que l’établissement ne répond plus aux standards de confort, l’élu s’agace pourtant du changement de calendrier, énième rebondissement dans un dossier qui traine depuis plus de dix ans. « Cette décision a été prise en catimini, affirme-t-il. Le Conseil d’administration que je préside n’a même pas été averti. » Logique selon l’ARS : « Rien n’est encore officiel. » La municipalité comptait sur le délai de cinq ans annoncé l’an dernier par les services de l’Etat. « Cela aurait laissé du temps pour agrandir la maison de retraite de Rozay en Brie et y transférer les résidants », indique Jean Claude Simon.
Le bâtiment est le plus ancien du village après l’église
Pour que l’ancien hospice tienne jusque-là, la commune avait imaginé de racheter pour 450 000 €, les murs. Le bâtiment, le plus ancien après l’église, aurait ensuite été mis à disposition gratuitement pendant cinq ans. »Si l’on veut accélérer le mouvement, c’est, avant tout, pour le bien des résidants, répète Eric Véchard, directeur départemental de l’ARS. Aucune fermeture ne sera prononcée tant que nous n’aurons pas eu la garantie que toutes les personnes âgées seront prises en charge ailleurs.» « La situation avait trop duré, considère Gérard Bernheim. Il fallait crever l’abcès. » La directrice n’a pas souhaité répondre à nos questions.
Joffrey Vovos
Le Parisien
Edition du 17 novembre 2010