Chaumes en Brie

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La fin de l'Abbaye

La fin de l'Abbaye

Fragment de corniche issu des fouilles

"Le fait de nommer à la commende de l’abbaye un abbé étranger à la vie du cloître et de lui donner la plus grande partie des revenus du monastère portera une atteinte profonde et capitale aux institutions de l’abbaye".
Tel était l’avis du comte de Montalembert. Et de fait, l’abbaye se désertifie.
A tel point que plusieurs enquêtes seront, si l’on peut dire, commandées par les hautes instances religieuses pour savoir s'il est souhaitable de laisser l’abbaye ouverte. Il est vrai qu’en 1747 et suivant un décret archiépiscopal, il ne restait plus que cinq religieux, relativement âgés et d'une santé toute relative. Ce même décret archiépiscopal supprime conventualité, mense et places monacales ainsi que les bénéfices . Pour fermer définitivement l’abbaye, il fallait encore le consentement du roi.
Ce consentement arrivera après qu’une enquête de commodo et incommodo aura été diligentée. Cette enquête consistait à obtenir les consentements des religieux et officiers claustraux ainsi que des curés, échevins, conseillers, marguilliers et habitants de Chaumes.
Après quoi, le Parlement arrêta sa décision et la soumit au roi. Par lettres patentes du roi Louis XV, le 3 octobre 1747, et un arrêt du Parlement du 8 mars 1748, la mense monacale fut supprimée. Ce dernier confirma " la suppression et l’extinction pour toujours de la conventualité, mense conventuelle, places monacales, bénéfices et offices claustraux de l’abbaye de Saint-Pierre de Chaumes en Brie". Il y avait eu, le 25 avril 1748, réunion avec le curé, les marguilliers et les notables du village. Leur consentement avait été envoyé le 26 avril. L'information avait été diffusée auprès des habitants. L'abbé Jean Cousturier gardait ses droits seigneuriaux et de justice.
En 1757, la foudre tomba sur l'église et brisa les orgues. L'abbaye fut conférée à l'abbé Collet le 8 septembre 1770, puis à l'abbé Rigaud jusqu'à la révolution, époque à laquelle les bâtiments furent vendus comme biens nationaux. Après avoir reçu les lettres de confirmation de l’extinction de la mense monacale, les bénédictins de Chaumes se retirèrent dans d’autres abbayes pour certains, ou furent nommés prieurs curés. Un petit séminaire, rattaché à celui de Sens, fut installé dans les bâtiments.
Le début du 19ème siècle livra à l’abandon les anciens bâtiments et murs de clôture qui tombaient bientôt en ruines. Elle servira comme carrière de pierre aux habitants de Chaumes.
Les bâtiments, ou ce qu'il en restait, revinrent à M. Sensier en 1815. Peu à peu, il fit mettre en valeur les jardins en y aménageant des ponts, un bassin de retenue… On y trouvait aussi la fontaine Saint-Dôme.
En 1830, une école d'enseignement mutuel a été fondée dans les bâtiments aux frais des principaux habitants du village. 110 élèves y recevaient gratuitement l'enseignement primaire sous la surveillance continuelle des fondateurs. Il ne reste plus rien aujourd’hui, hormis quelques vestiges retrouvés lors de la construction du groupe de l’abbaye dans lequel nos enfants suivent leurs chères études primaires.