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" Le Christ en croix fut peint par Philippe de Champaigne pour l 'église abbatiale des Bénédictins de Chaumes en Brie.
" Au-dessus du grand autel était un tableau de 16 pieds, du au pinceau de Philippe de Champaigne : c'est un Crucifix qui ravit tous ceux qui le voyent "
(Abbaye royale de Saint Pierre de Chaumes en Brie par Alfred Cramail - note de 1748).
Le pied comme on le sait, est l'ancienne mesure de 33 centimètres. En multipliant par 16, cela fait exactement 5m28. Et ce sont bien là, précisément, les grandioses dimensions du tableau actuel. Seulement depuis longtemps il ne ravissait plus personne. On ne le voyait plus ! Une couche épaisse de poussière, de vernis desséché, de fumée que sais-je, le voilait aux regards. Même les grandes lignes étaient effacées. Le temps en avait raison. Sa vue laissait même dans l'âme une impression pénible, on savait, on sentait qu'il y avait caché là, une oeuvre d'art, mais on n'en avait plus la jouissance.
A la révolution française, l'église fut dépouillée et les biens du Clergé confisqués. De ce fait, aux termes de la loi de 1791, l'abbaye devenait bien national, propriété de l'état. L'église fut alors vendu à bas prix, comme partout. La Municipalité de l'époque intervint tout de suite. Elle demanda et obtint la conservation du " fameux tableau : Le Christ en croix de Philippe de Champaigne " qui fut alors transporté de l'église abbatiale dans l'église paroissiale.
Une curieuse tradition rapporte aussi que les russes, en 1814, auraient essayé d'emporté la fameuse toile. Ils auraient même réussi à transporter l'oeuvre d'art jusqu'à la " Grange des Saints Pères ". Bien mal leur en prit ! Les calmétiens d'alors, furieux, armés de fourches et de faux, seraient partis en groupes, protestant avec énergie et réclamant leur Christ. Une bataille aurait eu lieu et finalement le tableau aurait été ramené triomphalement dans l 'église paroissiale. Une fois encore il était sauvé ! Nous ne donnons pas le fait comme authentique, vu qu'il n'a pu être contrôlé. Mais après tout ? D'autant qu'une pétition du Conseil municipal de Chaumes, datée du 22 mai 1814,et adressé au comte Barclay du Tolly, général en chef des armées russes à Paris, supplie celui-ci " de faire retirer au plus tôt " de Chaumes " le détachement de Grenadiers Russes du Régiment de Kiew, qui y réside depuis fort longtemps " et qui avec les autres troupes françaises et alliées s'est livré " au pillage et à la dévastation la plus effrénée. "
Pendant un certain temps le christ de Philippe de Champaigne servit de retable à l'autel de Saint-Roch, aujourd'hui Autel du Sacré-Coeur. Il était là, dans le faux-jour, mal placé par conséquent. On l'accrocha ensuite aux murailles de la grande nef de l'église (l'époque de ce transfert n'est pas précisé).
En début d'année 1921, Monsieur le Curé de Chaumes attirait l'attention de la Municipalité sur l'état lamentable du tableau. Ce fut le point de départ de la restauration du chef-d'oeuvre. Le 17 juin 1921, le tableau était descendu et transporté le jour même vers Paris. Les travaux de restauration durèrent seize mois.
Le mercredi 11 octobre 1922, le Christ était de retour à Chaumes.
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